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21.03.2025 • 3 minutes
Cet article a été publié dans le magazine Mag RH (septembre 2023), à l’occasion du Learning Show, sur le thème de l'IA en formation
“Pour une bonne réponse, demandez à une machine, pour une bonne question demandez à un humain” affirme Kevin Kelly, le fondateur du magazine Wired. Or cela n’a pas empêché nos systèmes éducatifs de mettre la connaissance de la bonne réponse au cœur des évaluations pendant des millénaires.
Mais aujourd’hui, alors que la connaissance est à quelques clics et que l’IA produit des réponses étonnamment qualitatives, nous entrons véritablement dans l'ère de la Question. Plus que jamais, le rôle du formateur consiste à aider les apprenants à se poser les bonnes questions, pour développer leur esprit critique, mais aussi à les amener à poser les bonnes questions aux outils d’intelligences artificielles.
N’a-t-on pas énoncé les mêmes craintes et recommandations à propos de l’Internet des années 2000 ? En effet, à chaque innovation majeure, de nombreuses voix s'élèvent pour expliquer les transformations qu’elle impose à l’apprentissage et la formation.
Le web pré-ChatGPT a depuis un moment conduit les formateurs à remettre en question leur rôle : transmettre des connaissances, ou développer les compétences nécessaires au traitement et l’utilisation de connaissances largement accessibles ?
Face à la révolution numérique, les examens “à livre et internet ouvert” ont par exemple gagné en popularité. Ils permettent de tester les apprenants sur la compétence requise et non sur le savoir mémorisé. Comme l’explique Danny Oppenheimer, professeur à la Carnegie Mellon University, “les questions [de ces examens] porteront naturellement sur la manière d'évaluer, de synthétiser ou d'appliquer les informations".
Pour autant, ces capacités cognitives, d’utiliser et synthétiser l’information disponible de manière décentralisée sur le web, ne sont-elles pas précisément celles opérées par ChatGPT et les Language Models (LLM) en général ? Yann Ferguson, responsable scientifique du projet LaborIA du Ministère du Travail, souligne que “la pédagogie de l’exécution [reproduire un raisonnement appris] n’est plus valable aujourd’hui puisque des systèmes le font mieux et plus rapidement que des humains. (WTTJ, 2023)
Alors quelle place reste-t-il pour l’apprentissage humain si nos capacités cognitives sont imitées par l’IA et sous-traitées à celle-ci ?
Toutes les routes mènent à… Socrate ? Jeremy Van Hof, directeur du Service des technologies de l’apprentissage au Broad College of Business, encourage tous les formateurs à reconsidérer la maïeutique, l'art “d'accoucher les esprits” par le questionnement, à l’ère du numérique :
Cette méthode est largement reconnue comme l’un des meilleurs moyens d’encourager la pensée critique et l’apprentissage autonome et efficace. Non seulement elle retient l’attention des personnes étudiantes, mais elle leur demande de remettre en question leurs croyances et leurs hypothèses, des compétences dont ils auront besoin pour le reste de leur vie. (source : Faculty Focus, 6 Juin 2022)
Jeremy Van Hof, directeur du Service des technologies de l’apprentissage au Broad College of Business
Les neurosciences elles-mêmes ont prouvé que “le cerveau est une machine prédictive” comme l’affirme le neuroscientifique Stanislas Dehaene, c’est-à-dire qu’il émet des hypothèses ensuite validées ou invalidées par l’expérience. Nous apprenons principalement en posant des hypothèses imparfaites ou imprécises, autrement dit en se posant des questions.
Néanmoins les formateurs les plus aguerris n’apprendront rien de nouveau, l’importance de poser des questions étant le fondement même de la pédagogie active (bien que cette habitude pédagogique ne soit pas aussi répandue que ce que l’on croit…). Alors, qu’est-ce que l’Intelligence artificielle modifie réellement dans la posture du formateur ?
Pour les formateurs, un nouveau défi apparaît avec les nouveaux outils d’IA : faire de chaque apprenant celui ou celle qui construit et pose les questions. Puisque les réponses n’ont plus la même valeur, il s’agit presque pour les apprenants de réaliser un saut cognitif vers la posture même du formateur, de celui dont l’expérience permet de poser les bonnes questions et d’évaluer la pertinence des réponses.
Par exemple, dans le cadre d’une formation à la vente, l’exercice ne consisterait plus à répondre à la question : “Comment définiriez-vous le processus de vente en 5 étapes ?” mais de trouver, en groupe, les questions majeures à poser à ChatGPT. Le formateur requiert ainsi de ses apprenants de penser à la big picture, de faire des connexions entre les différentes facettes de la vente, d’identifier ce qui fait réellement un bon vendeur.
Autrement dit, il est requis pour l’apprenant d’avoir une posture de questionnement actif et d’engager son esprit critique, et non seulement d’aller chercher une information logée dans sa mémoire.
Pour autant, dans ce nouveau paradigme, si la capacité d’élaborer une réponse de qualité n’est plus le seul apanage de l’humain, encore faut-il savoir poser la bonne question à l’intelligence artificielle. Sans oublier d’être en mesure de porter un regard critique sur la réponse qu’elle apporte.
Aussitôt l’irruption de ChatGPT sur le devant de la scène, aussitôt l’art du “prompt” est-il apparu. Car il s’agit bien d’un art. Dès 2016 Kevin Kelly prédisait que “nos qualités seront donc de poser de bonnes questions auxquelles les machines pourront répondre” (Viuz, 2016).
De la même façon qu’une question bien posée par un formateur peut déclencher une réponse radicalement différente chez un apprenant que la même question mal posée, la qualité des réponses de ChatGPT dépend de ce que l’on nourrit à l’outil. Yann Ferguson souhaite ainsi “que chacun puisse comprendre le lien entre résultats et données pour être en mesure de savoir se positionner par rapport aux informations transmises par les machines.” (WWTJ, 2023)
Quid des erreurs et autres approximations de l’outil ? Là encore, elles constituent une aubaine pour le formateur. En déléguant une partie du travail cognitif à l’IA, le formateur et ses apprenants dégagent un temps précieux pour l’analyse de ses réponses. Dans un ping-pong intellectuel fructueux, les apprenants peuvent apprendre à affiner les productions de l’IA en lui posant de nouvelles questions, mais aussi à critiquer la réponse, la validité des hypothèses ou des informations.
Après Socrate, au tour d’Aristote. Il fut le tuteur privé d’Alexandre le Grand, une éducation personnalisée aux bénéfices indéniables… Mais tout le monde ne peut pas être roi de Macédoine. Alors comment faire bénéficier de cette personnalisation au plus grand nombre ?
Les outils numériques s’inscrivent de façon pérenne dans les établissements du supérieur parce qu’ils décuplent les capacités des enseignants. Grâce aux outils d’interactivité comme Wooclap, un formateur peut faire participer chaque apprenant d’un groupe de dix, vingt, mille, en ligne comme en présentiel. Pendant des centaines d'années, cela était réservé à une élite, comme par exemple lors des célèbres tutorials de l’Universités d'Oxford où trois ou quatre étudiants maximum échangent avec leur enseignant. Avec l’avènement des outils d’interactivité, la promesse de la pédagogie active n’est plus dépendante d’un accès privilégié au temps des enseignants.
Que change l’IA dans ce paradigme ? Utilisée à bon escient, elle n’est qu’un pas de plus dans la démocratisation de la pédagogie active. Surtout, elle a le potentiel de faire gagner un temps précieux aux formateurs comme dans la création d’activités interactives. La plupart d’entre eux ont déjà des supports de formation de grande qualité mais produire des brise-glaces ou des QCMs reste chronophage. Aujourd’hui, avec l’IA dans Wooclap, un formateur n’a qu’à soumettre son support de cours ou donner un sujet pour que l’outil génère des dizaines de questions adaptées en quelques secondes.
Enfin, l’IA s’inscrit dans le développement de la pédagogie active parce qu’elle aide à personnaliser le feedback, un des quatre piliers de l’apprentissage de Stanislas Dehaene. Or plus vite on reçoit un retour sur information, mieux on apprend. Sur Wooflash, un outil de microlearning intelligent, l’IA permettra bientôt de donner un retour personnalisé immédiat aux étudiants sur leurs réponses, même des textes rédigés. La Kahn Academy, dans sa mission de démocratisation de l’éducation, a également mis à profit l’API d’OpenAI pour créer Kahnmigo, un tuteur virtuel qui accompagne l’étudiant dans son apprentissage.
Pour conclure, laissons à Yann Ferguson le soin de résumer les enjeux de cette transition décisive que traversent l’éducation comme la formation continue : “La valeur d’une réponse est en train d’être dégradée. En revanche, ce qui fait la différence quand on cherche une solution à un problème, c’est la qualité de nos questions. Il faut apprendre à se questionner et à raisonner.”
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